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Balisage maritime

Le Phare de Gatteville

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publié le 14 janvier 2015

Caractéristiques nautiques
Coordonnées géographiques :
49°41,802’ N, 01°15,902’ E (WGS 84)

N° livre des feux : 467000

Hauteur totale : 74,75 mètres
Hauteur par rapport à la mer : 78,85 mètres
Feu : feu blanc à éclats toutes les 10 s
Lampe aux xénon de 1600 W
Rythme : 2 éclats groupés tournants toutes les 10 secondes
Lanterne : Lanterne standard Ø 5,30 m métallique Sautter-Harlé et d’une hauteur de 4,57 m ;
Optique : Optique double, tournante à 4 panneaux à murette métallique de distance focale 0,30 m
Portée : 29 miles soit 52 km

Description

Le phare de Gatteville est situé sur la pointe de Barfleur, sur la commune de Gatteville, devenue depuis Gatteville-le-phare dans le département de la Manche (50).

Le phare actuel, mis en service en 1835, (1903 dans sa configuration actuelle de l’optique), est une tour cylindrique de 9 m à la base et 6 m au niveau de la passerelle. Il est édifié sur un soubassement en forme de « U » qui abrite les logements et les locaux techniques sur 2 niveaux. L’ingénieur concepteur est charles-Félix Morice de la Rue, qui dessinera également le phare de Goury à La Hague. Il est construit en granit. D’une hauteur de presque 75 mètres, ce sont 365 marches qu’il faut gravir pour arriver à la lanterne. Il était à l’époque le plus haut pahre d’Europe, mais battu depuis, de plus de 6 m, par celui de l’Ile Vierge.
Automatisé et non gardienné, le phare se visite grâce à l’ASCEE, association d’entraide du Ministère du Développement Durable. Les anciens locaux du Rez de Chaussée abritent un petit musée dédié à la Signalisation Maritime. Le 1er phare est inscrit à l’inventaire des Monument Historique le 11 mai 2009 et l’actuel phare avec ses bâtiments en U sont classés MH le 19 juin de la même année..

Historique

La grande pêche sur les bancs de Terre Neuve et le commerce triangulaire ont subi dans les années 1730 de nombreux naufrages sur la pointe de Barfleur. Vauban, déjà en 1669 avait proposé l’érection d’une tour à feu dans ce secteur. Malgré plusieurs études, aucun financement ne venait concrétiser ces projets.. Devant la dangerosité de la situation et les demandes des navigateurs, en 1765, la Chambre de Commerce de Rouen prit la décision de faire construire un 1er phare à Gatteville et la pose de la 1ere pierre eut lieu en 1773. La même année, il fut décider de rehausser le feu de Barfleur et de construire Ailly et La Hève en Seine Maritime.
Ainsi, le 1er novembre 1775, le Phare de Gatteville et d’Ailly sont allumés simultanément et pour la première fois. Gatteville est une tour cylindrique en pierre de taille qui s’élève à 78 m au dessus du niveau de la mer.
Le phare est très consommateur en énergie et il ne faut pas moins de 600 kg de charbon par nuit pour permettre son fonctionnement, que le pauvre gardien doit monter à dos d’homme. Dès 1780, des mesures sont prises pour diminuer cette consommation : le vitrage est amélioré, puis des réverbères de Tourtille - Sangrain remplacent les réchauds que les embruns et les vents s’évertuaient à éteindre.
Dès 1825, les Ingénieurs chargés de la mise en place du nouveau système de signalisation des cotes décident de remplacer le phare par un autre, 2 fois plus haut, construit au même endroit. L’ancien phare sera délaissé puis transformé en sémaphore en 1861.
Charles Félix Morice de la Rue, Ingénieur de Charles X est chargé du chantier. La tour est construite à l’avancée, de par l’intérieur ; l’escalier hélicoïdal sert à la fois d’échafaudage et de rampe d’amenée des matériaux.. Seule la Lanterne sera montée par l’extérieur en pièces détachées. La première pierre est posée en 1828 et la phare est allumé en 1835.
Il est équipé d’une optique à éclipse (30 s-30 s) qui sera remplacée en janvier 1893 d’un feu à 12 éclats scintillants. Le 15 aout 1903, la double optique de Fresnel actuelle est posée sur son lit de mercure.
Après la 1ere modernisation en 1893 qui a entraîné la construction du bâtiment supplémentaire abritant la machine à vapeur « Genty », il faudra 6 personnes pour faire fonctionner le signal. Le plus gros travail était de transporter les 30000 l d’eau douce par mois pour faire tourner la machine.
Comme nombreux phares et bâtiments, le phare se trouva au cœur de la tourmente lors de la Seconde Guerre Mondiale … Son optique, mise à l’abri dès le début des hostilité est réinstallée le 12 mai 1945. Il a échappé, de peu, au dynamitage de 1944 par les Allemands, grâce au gardien Georges Cosron qui sut les convaincre de l’inutilité de cette action.

Le premier phare

Hauteur au-dessus de la mer : 28 mètres
Taille générale : 25 mètres

Description :

Tour cylindrique en pierres de taille, mise en service en 1775. Un treuil permettait de hisser le charbon en haut du phare. 2 chambres de gardien avec cheminée sont abritées dans le fut.

Optique :

Foyer ouvert, lanterne de 5 mètres
Feu fixe blanc à 16 réflecteurs réverbères deTourtille-Sangrain.
1820 : 6 réflecteurs paraboliques Lenoir. Installation d’une machine à rotation à poids de l’ingénieur Vaissière.
1822 : le feu fixe est modifié en feu tournant à éclipse, trois éclats séparés par un intervalle de 80 secondes.
1852 : feu de premier ordre, dioptrique, à éclipses de minute en minute. Première optique catadioptrique à grande focale : 0,92 m

Le deuxième phare

Taille générale : 75 mètres
Hauteur par rapport à la mer : 78 mètres

État actuel :
Tour cylindrique posé au centre de 2 bâtiment imposants en granit relié par un mur aveugle protégeant de la mer.
En 1893, un bâtiment supplémentaire est appuyé sur ce mur de protection donnant à l’ensemble une forme de U. Cette bâtisse abritait sur 2 étages, les locaux techniques abritant les groupes, les moteurs, les ateliers et 4 logements de gardien. Ceux ci ont été modernisés et sont proposés par lASCEE aux agents du MEDDE.
11000 blocs de granit pesant au total 7400 tonnes ont été nécessaire à son édification.

Description technique :
Feu à deux éclats blanc toutes les 10 secondes, distance focale de 0,30 m sur cuve à mercure.
Double optique de 1903 tournante en verre taillée de 4 panneaux avec réflecteur.
Cuve de mercure de 400 kgs
Combustibles

Charbon : 1775 (jusqu’à 600 kg par nuit)
Huile végétale : 1835
Électrification à l’arc : 1893 et 1903
Mise sur réseau EDF : 1949
Ampoules : 1953
Automatisé en 1984 puis 2014.

Anecdote :
L’architecte s’est inspiré du calendrier en créant Gatteville...
Ainsi, il est composé de 365 marches et 52 fenêtres dont 12 sur la façade principale.